L’Algérie : ARTICLE 19 appelle à la mise en liberté immédiate du militant algérien Brahim Douadji

L’Algérie : ARTICLE 19 appelle à la mise en liberté immédiate du militant algérien Brahim Douadji -

Le militant algérien Ibrahim Daouadji est arrêté depuis le 16 mars 2020 dans la ville de Mostaganem alors qu’il était à bord de sa voiture privée, et il a été escorté en garde à vue dans la capitale dans des circonstances mystérieuses. Le mardi 17 mars, Ibrahim a informé, lors d’un appel téléphonique à sa famille[1], qu’il se trouvait au poste de police de Bab Al Jadid et qu’il serait présenté au procureur de la République sans préciser le tribunal, où l’appel a été interrompu et sa famille n’a pas pu obtenir plus d’informations.

De nombreux avocats ont parcouru les tribunaux de la capitale sans trouver aucune trace d’Ibrahim Daouadji ni leur fournir des informations sur son arrestation ou sa détention. Le 19 mars, Ibrahim Daouadji a comparu devant un juge du tribunal de Sidi M’hamed, sans préavis et sans en informer son avocat et a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction. Son procès est reporté au 2 avril prochain[2].

Mme Saloua Ghazouani, directrice du Bureau régional d’ARTICLE 19 MENA, a déclaré :

« Nous rappelons aux autorités judiciaires que les articles 56 et suivants de la Constitution algérienne garantissent le droit à un procès équitable et la présomption d’innocence, en particulier l’article 60, qui donne à la personne gardée à vue le droit d’entrer immédiatement en contact avec sa famille et d’être informée de son droit à entrer en contact avec son avocat. Ces droits ne constituent pas seulement des garanties pour les individus mais également l’esprit même de la justice qui est le gardien naturel des droits et libertés. Par conséquent, leur violation n’est en fait qu’une violation du pouvoir judiciaire. »

ARTICLE19 réaffirme[3] sa position sur l’arrestation du militant Ibrahim Daouadji et appelle les autorités judiciaires à le libérer et à arrêter les poursuites judiciaires contraires aux articles 51 et suivant de la loi des procédures pénales. ARTICE 19 rejoint également les appels de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) et du Comité National pour la Libération des Détenus (CNLD)1 pour exiger le respect des droits et libertés du militant Ibrahim Daouadji.

ARTICLE 19 rappelle la nécessité de respecter les garanties procédurales en matière pénale qui constituent une protection des droits et libertés contre toute violation et met en garde contre le danger de violer les principes fondamentaux de la justice en Algérie et le préjudice causé au principe de séparation des pouvoirs.

[1] https://www.inter-lignes.com/le-cnld-et-la-laddh-tirent-la-sonnette-dalarme-sur-le-kidnapping-du-militant-brahim-daouadji/

[2] https://l-info.com/le-militant-ibrahim-daouadji-place-sous-mandat-depot-actualise/

[3] Un communiqué de presse a déjà été publié datant du 22 octobre 2019. Lien : https://www.article19.org/resources/algeria-release-hirak-protesters-and-stop-crackdown-on-freedom-of-expression/